1980, UN AUTRE MONDE

 1980, UN AUTRE MONDE
Mon fils, ma bataille
10 0
00 mètres
Bat
eau toujours
Lipstick Plychrome
J
e ne suis pas un héros
tournement
La
vie ne m'apprend rien
All
ez hop
Mort d'un robot
Un
autre monde



Après
"Le chanteur", qui reste le titre phare depuis deux ans, Daniel Balavoine connait un nouveau réel succès avec les deux chansons choc de ce 33 tours : "Mon fils, ma bataille" et "Je ne suis pas un héros". La nouvelle décennie s'ouvre avec un Daniel plus mûr, décidé à passer sérieusement à l'offensive sans pour autant renier ses débuts. La pochette annonce la couleur, si l'on peut dire, puisqu'elle est en noir et blanc. Stylisée, chic et sobre, plus grave, elle nous montre Daniel Balavoine appareil photo en main, prêt à saisir quelques clichés. Chacune de ses chansons est en effet un "roman-photos", un morceau de vie intimiste, enrichi par des petits riens qui apparaissent sous un jour singulier. Par exemple, qui aurait pu penser qu'un bâton de rouge à lèvres insignifiant puisse devenir le lien universel, suave et sensuel, nuancé d'une teinte jazz-rock bien léchée que décrit "Lypstick Polychrome" ? Mais la vie a aussi ses excès. Elle peut pousser au "Détournement"...

Avec c
et album Daniel se permet tout. Il libère ses désirs. Il parle de ce dont il a envie, avec un soin méticuleux pour les arrangements. Alors, accompagnons-le dans sa course ; "ces 10 000 mètres" dans lesquels il ne faut pas se faire dépasser. "Allez hop", remuons-nous pour amélorier notre sort. Le dynamisme des percussions devrait nous y aider. Percussions que l'on retrouve d'ailleurs dans "Mort d'un robot". Daniel Balavoine chercherait-il de nouveaux sons, de nouveaux climats ? Les synthés, qui résonnent comme des balises interstellaires aux confins de l'espace bleu marine où vogue "Bateau toujours", tendraient à le prouver.
M
ichel Berger fait partie de ce voyage où les multiples possibilités sont déclinées par vers singuliers. Une écriture dépouillée que l'on ne connaissait pas encore. Les claviers, qui deviennent un élément indispensable de la composition chez Daniel Balavoine, se fondent également parfaitement dans le constat d'impuissance qu'est "La vie ne m'apprend rien".

Mêm
e dans le créneau populaire rien n'est laissé au hasard. La conviction avec laquelle il interprète "Mon fils, ma bataille" va conférer à ce sujet délicat une autre dimension : celle du succès. Ce qui n'est pas pour plaire à tout le monde. Tant pis. C'est en renouant avec son thème fétiche qu'il remporte l'adhésion de tous. En démythifiant le personnage du chanteur, qui n'est pas un héros, il est confirmé comme l'un des chefs de file de la jeune chanson française. Bien involontairement, puisqu'il avait écrit ce texte pour Johnny Hallyday. Caprice du destin qui met en avant l'un des atouts incontestables de Daniel Balavoine : cet art d'être toujours sincère, même si la vérité est cruelle, tout en restant positif. Il ne veut pas faire pleurer dans les chaumières. Au contraire, sa vitalité, transmise à coups de formules lapidaires, tels des slogans dédiés à la vie, est le leitmotiv de sa création.

M
algré tout, quelque chose se termine avec cet album. L'instrumental final "Un autre monde" défile comme un générique. Il exprime à lui seul l'évasion, l'envie d'autre chose, ailleurs. Une page est en train de se tourner.
# Posté le mardi 08 août 2006 11:38
Modifié le samedi 19 juillet 2008 12:16

UN AUTRE MONDE : L'ANALYSE DE DANIEL

UN AUTRE MONDE : L'ANALYSE DE DANIEL


MON FILS, MA BATAILLE : A la base, il y a bien sûr l'histoire du film "Kramer contre Kramer". On m'a demandé d'écrire un texte en rapport avec ce film. Le travail terminé, je n'étais pas satisfait et surtout j'étais très complexé à l'idée d'avoir utilisé une arme démagogique. J'ai eu peur qu'on ne comprenne pas vraiment ma démarche. A la suite de cela, j'ai testé cette chanson auprès de gens bien différents et tout le monde l'a trouvée formidable. Mais c'est vrai, je n'aime pas tellement me servir des choses qui touchent de trop près à la vie.

10 000 METRES : Là, c'est d'après un projet beaucoup plus ancien : j'avais envie de faire réaliser un album avec chaque page d'un journal. Entre parenthèses, j'espère qu'on ne me piquera pas l'idée. Donc, c'st une personne qui raconte un article. Dans "10 000 mètres", c'est un gars qui commente la course de la veille. C'est aussi sur la solitude du coureur de fond.

BATEAU TOUJOURS : Comme j'ai fait des choeurs dans le disque de Michel Berger, je tenais à ce qu'il apporte quelque chose dans le mien. Donc au début, il était question que Michel joue du piano. Le problème n'était pas évident : je voulais que ça se sache et que ça soit présent. Alors, j'ai essayé de trouver une chanson qui corresponde à ça et qui soit simple. Michel et moi avons fait les arrangements à deux. J'ai réussi à convaincre Michel qu'il réalise cette chanson comme si c'était pour lui.

LIPSTICK POLYCHROME : Dans cette chanson, la musique prédomine. C'est Colin Swinburne, le guitariste de mon groupe qui assure le chorus de guitare. Il y a d'ailleurs dans cette chanson des instruments dont on se sert rarement, comme le trombone. Lorsque je l'écoute, c'est comme s'il s'agissait de quelqu'un d'autre. C'est un moment de musique, un bol d'air. Une chanson de groupe.

JE NE SUIS PAS UN HEROS : Cette chanson a une histoire que beaucoup connaisse puisque c'est un titre que j'avais écrit pour Hallyday. D'ailleurs, Johnny m'avait dit : "Pourquoi tu ne la chantes pas ?" A l'époque, je n'y pensais pas du tout. Donc, Johnny l'a enregistré mais, sans le mettre en cause, ce n'est pas devenu ce que je souhaitais. Je pensais vraiment que ce serait la chanson numéro un d'Hallyday cette année car personne n'avait jamais fait ça avec lui avant. Ce que j'aurais aimé, c'est réaliser la chanson avec Johnny, faire les claviers. Enfin, j'esre que ce n'est pas terminé et qu'on retravaillera ensemble. C'est pour cela que j'ai chanté cette chanson un peu comme j'aurais aimé que Johnny la chante. Je lui dédie d'ailleurs cette chanson.

DETOURNEMENT : C'est mon morceau préféré. Cette première chanson de la face B est pour ainsi dire le commencement de ce que je veux faire musicalement. Cet album est une progression musicale. Sur la face A, on trouve des chansons plus près de ce que j'ai fait auparavant, alors que la face B dégénère complètement. Ca ressemble à une musique de groupe. Ce que je veux imposer, c'est la communion parfaite entre mes musiciens et moi. "Détournement" est l'expression de tout ce que j'ai envie de dire en ce moment.

LA VIE NE M'APPREND RIEN : Cette chanson est l'explication de la précédente. C'est un peu difficile d'en parler. J'essaie de raconter pourquoi un mec détourne un avion. Il y a certaines mises au point.

ALLEZ HOP : C'est un peu un gag. Mon frère en est le parolier. Il a pensé écrire un texte avec toutes les phrases établies qui définissent la virilité. Cette chanson veut un peu dire : on n'aime pas les femems tes qui veulent que les mecs soient supermen et il y a des mecs que ça ennuie profondément et moi, j'en suis un, voilà.

MORT D'UN ROBOT : C'est Patrick Dulphy, mon guitariste, qui a écrit le texte, à partir d'une de mes idées : un robot qui parle, qui a des sentiments et comme il n'est qu'une machine, lorsqu'il tombe en panne, on le jette. Un parallèle à ce qui arrive à un homme lorsqu'il tombe amoureux et que la fille l'abandonne. C'est ce qui arrive également aux chanteurs un jour. Ils sont géniaux, le public les adore et quelque temps plus tard on les oublie, on passe à un autre.

UN AUTRE MONDE : Donner une certaien suprématie à la musique instrumentale me tente beaucoup. Ce titre annonce un peu la couleur. J'en ferai d'ailelurs de plus en plus, sur scène. Dès l'Olympia, au mois de mars, je ferai des morceaux instrumentaux. Les musiciens vont beaucoup intervenir dans mes spectacles cette année. Mon spectacle sera plus dur musicalement. (SALUT ! décembre 1980)


Source : L'INOUBLIABLE n°12
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# Posté le mardi 08 août 2006 10:48
Modifié le samedi 19 juillet 2008 12:16

UN AUTRE MONDE : LES ANECDOTES

UN AUTRE MONDE : LES ANECDOTES
ANDY SCOTT : De toutes les chansons, s'il fallait n'en retenir qu'une, Ce serait "Lypstick Polychrome". Je le pense vraiment. Je me rappelle très bien l'enregistrement de cette chanson. On avait tous la banane !...C'est une belle chanson ! Très relax. Et qui, en plus, est un joli message, avec l'idée d'avoir placé toutes ces langues étrangères...Lorsque je l'entends à la radio, j'ai ce souvenir-là de Daniel. Le souvenir d'un instant précis. L'image d'un homme heureux.
Source : Le roman de Daniel Balavoine, Didier Varrod, 2006


MICHEL BERGER : Il voulait qu'on fasse un album ensemble mais on n'a pas trouvé le temps. Finalement, on a décidé de réduire un peu le projet et de faire ensemble une chanson de lui. Après ça, j'ai été la chanter avec lui tous les jours vers 21H20 à l'Olympia. C'est un beau souvenir ! (RTL, janvier 1986)


Source : BALAVOINE par Gilles Verlant, 1996.


COLIN SWINBURNE : Il y a quelque chose qui m'a touché personnellement, c'est la chanson "Mon fils, ma bataille". C'est vrai que Daniel a été influencé par "Kramer contre Kramer", mais en fait, avant le film, Daniel était en plein dans une vraie histoire puisque c'était la mienne. Je voulais me battre pour avoir la garde de mon enfant et Daniel me demandait : "Qu'est-ce que tu veux faire ? Tu veux vraiment te battre, parce que si c'est oui, ça va te coûter cher". Daniel m'a donné beaucoup de courage et m'a avancé de l'argent. J'ai perdu le procès même si ça s'est arrangé ensuite. Lors d'une rare visite que j'ai eue pour voir mon fils, il me dit :" Papa, est-ce qu'on peut chanter ?" Alors je commence à chanter et il me dit : "Je veux ma chanson, "Mon fils, ma bataille" de Daniel Balavoine". Il avait six ans à l'époque, ça m'a touché, je crois que je ne l'oublierai jamais. (RFI, octobre 1986)



Source : L'INOUBLIABLE n°2


Daniel : Pour moi, la Chine reste un peu un mystère. C'est le pays dont on sait le moins de choses. Plein de gens prétendent que là-bas, il y a une espèce de philosophie établie, ce qui n'est sûrement pas tout-à-fait vrai d'ailleurs. L'idée de faire croire qu'en Chine c'est mieux est séduisante mais on n'en sait rien. C'es peut-être un rêve. J'ai remarqué qu'à chaque fois qu'un Chinois se faisait filmer, il souriait. On a l'impression qu'ils sont heureux. C'est pour cela que le titre de mon album est "Un autre monde". (SALUT! décembre 1980)



Source : L'INOUBLIABLE n°12
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# Posté le mardi 08 août 2006 10:43
Modifié le samedi 19 juillet 2008 12:16

CHEZ LUI A COLOMBES

CHEZ LUI A COLOMBES






[En compagnie de Andy Scott et Joe Hammer]
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# Posté le mardi 08 août 2006 10:15
Modifié le samedi 19 juillet 2008 12:15

DANIEL ET MICHEL

DANIEL ET MICHEL
# Posté le mardi 08 août 2006 09:36
Modifié le vendredi 18 juillet 2008 14:23